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14/07/2010

Clash nationaliste entre ResPublica et Riposte Laïque

Deux mouvances se disputent la légitimité de ce que le national-républicanisme a pu produire de pire dans le paysage politique de « la gauche » française. L’Union des Familles Laïques (UFAL) et la feuille électronique ResPublica, d’une part, et d’autre part le groupe Riposte Laïque, sur lequel s’adosse désormais un nouveau groupuscule pompeusement – et significativement – baptisé « Résistance Républicaine ». Cette seconde mouvance, dont l’un des principaux animateurs est Pierre Cassen (ex-chevènementiste qui fut un temps membre de la LCR) est issue d’une scission de la première, dont le représentant emblématique est Bernard Teper (ex-chevènementiste qui fut un temps membre de la direction de Attac).


Les excès rhétorique de Riposte Laïque permettent à peu de frais à la mouvance UFAL de se donner des allures de modération : supposons une scission néo-nazie au Front National, et imaginons que Le Pen en profite pour se dire de gauche… /chapo


Il faut dire que les animateurs de Riposte Laïque poussent le bouchon très loin : assumant l’islamophobie compulsionnelle, que les autres déguisent derrière de prétendues « critiques de l’islamisme », et qui caractérise en réalité les deux mouvances, ils sont allés, lors d’un récent évènement jusqu’à se féliciter de l’alliance réalisée avec des mouvements de droite et d’extrême droite – allant des partisans parisiens de Dupont-Aignan au « Bloc Identitaire », en passant par divers devillieristes – à l’occasion d’une abjecte initiative de provocation raciste dans le quartier de la Goutte d’Or [1]. La reconquête était en marche, la résistance à ce qu’ils n’hésitent pas à qualifier de nouvelle invasion de la France. Une telle franchise était évidemment pain béni pour les intégristes laïques de l’autre camp, et l’UFAL n’a guère eu de mal, ni sans doute d’état d’âme, à dénoncer cette alliance d’un genre nouveau et à s’en désolidariser.

Mais c’est là que le bât blesse : entre les deux mouvances, il y a bien des différences de style, comme il y a des conflits d’égos, de préséance et de légitimité. Pourtant, au-delà du spectacle et de questions accessoires, il est difficile de faire passer une feuille de papier à cigarette entre leurs postures respectives. Tout au plus peut-on dire que les dissidents ont le mérite de la clarté et de la cohérence, disant tout haut ce qu’implique la logique même de ce que les autres partagent avec eux : les arguments qu’ils ont durant des années pris l’habitude de développer ensemble, et dans une touchante unité, sont seulement développés sans vergogne jusqu’à leurs ultimes mais naturelles conséquences. Ce n’est pas sur les bases d’un changement d’avis que leur scission s’est faite : les uns ont poursuivi la logique des autres, là où ces autres ont préféré marquer le pas, sans pour autant jeter sur leur parcours commun le moindre regard critique, sans renoncer aux thèses qu’ils développaient ensemble naguère, et que les scissionnaires poursuivent désormais seuls, mais avec un esprit de suite parfaitement cohérent.

C’est ainsi bien avant la scission que les joyeux compères, dans une plus que cordiale entente, attribuaient a priori, et contre toute évidence, tel meurtre crapuleux à l’influence de « l’islamisme », au seul prétexte que la victime était une jeune femme pourvue d’un prénom arabe, assimilaient les jeunes musulmans de nos quartiers aux auteurs des sanglants attentats terroristes de Londres, ou dénonçaient « les caïds de l’Islam politique » à l’origine des révoltes de novembre 2005, auxquelles ils refusaient toute signification politique, n’y voyant que délinquance sommaire, et s’opposant avec vigueur à la revendication d’amnistie pour les jeunes gens impliqués. Sur ces positions là, les sœurs ennemies demeurent bien d’accord. Et c’est encore aux temps de leurs combats communs qu’elles avaient élaboré, pour défendre le principe de la loi tendant à déscolariser les lycéennes musulmanes portant le foulard, une batterie d’arguments fleurant bon le racisme islamophobe le plus sommaire – fermant ainsi la porte aux débats sérieux que la question aurait pu susciter.

Il est naturel que ResPublica et l’UFAL de Bernard Teper cherchent, en enfonçant d’un mâle coup d’épaule la porte honteusement ouverte par la nouvelle alliance de leurs anciens amis, à se refaire la respectabilité qu’ils ont alors perdue. Mais comme cet homme qui cherchait sous le réverbère son trousseau de clés qu’il avait perdu ailleurs, parce qu’au moins, ici, on y voyait clair, ils cherchent au mauvais endroit. C’est dans la manière dont ils ont combattu – avec un succès certain – quelques adolescentes qu’ils ont perdu leur honneur, et avec lui leur statut de partenaire possible dans quelque combat émancipateur que ce soit. Mais de ce succès, ils préfèrent persévérer à se vanter, quitte à en travestir la portée, présentant une loi d’exclusion comme « libératrice pour des dizaines de milliers de jeunes filles d’origine maghrébine ». Le réverbère minable allumé par Riposte Laïque ne saurait éblouir personne. Encore un effort, mesdames et messieurs : vous êtes loin, très loin du compte !


http://lmsi.net/spip.php?article1070 http://lmsi.net/spip.php?article1070

Commentaires

Bonjour,

Sympathisant de Debout la République, je tiens à vous préciser que notre parti (présidé par Nicolas Dupont-Aignan) n'a absolument rien à voir, ni de près ni de loin, avec les organisateurs de cet apéritif saucisson-pinard. Le soi-disant soutien des "partisans parisiens de Nicolas Dupont-Aignan" n'a jamais existé que dans la tête quelque peu échauffée des organisateurs de cette lamentable initiative.

Cordialement,

Tythan

Écrit par : Tythan | 15/07/2010

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